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Ces derniers mois, une vague d’indignation a gagné les étudiants de nationalité étrangère. Priés de regagner leur pays d’origine -de manière plus ou moins implicite-, ces diplômés de grandes écoles et d’universités prestigieuses, se sont vus remerciés, malgré les promesses d’embauches.
Le 31 mai dernier, le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, épaulé par Xavier Bertrand, publiait une circulaire visant à appliquer à la lettre, une loi antérieure censée encadrer l’immigration professionnelle. En théorie, il s’agit d’un « rappel à l’ordre » sur les conditions d’embauche des étudiants étrangers, en pratique, son durcissement a mis à mal le fleuron des diplômés venus des continents voisins.
En effet, ces « cerveaux », parés à intégrer le monde du travail à la sortie de leurs études, ont du faire faux bond aux entreprises qui les accueillaient pourtant à bras ouverts, au grand dam de ces dernières. Dans les faits, les jeunes touchés par la circulaire, n’obtiennent plus l’autorisation de séjour provisoire nécessaire au changement de statut d’étudiant à salarié. Les refus pleuvent, pour des raisons obsolètes et se suivent parfois d’ordres fermes de quitter le territoire.
Ils seraient, chaque année, 10 000 sur 35 000 étrangers de tout horizon (hors Union-Européenne), à choisir de vivre leur première expérience professionnelle en France, envisageant, pour certains, de s’installer dans l’hexagone. En attestent les quatre témoignages collectés par les InRockuptibles, dans lesquels sont confrontés deux points de vue. Hors, ces commentaires désenchantés mais dénués de matière argumentaire ne pèsent pas dans la balance : quitter la France ou s’y installer, qu’importe les volontés de chacun, la circulaire dérange par le fait qu’elle ne laisse guère le choix aux étudiants étrangers.
Ces témoignages viennent s’ajouter aux griefs que l’on voit fleurir en grand nombre sur la toile, qu’ils soient relayés par les journalistes sous forme de portraits choisis ou par les victimes mêmes de ces conjonctures, qui n’hésitent pas à se mettre en scène sur les réseaux sociaux, clamant haut et fort leur désarroi. En tête du cortège des indignés, le collectif du 31 Mai se montre particulièrement actif en occupant le terrain médiatique : manifestations publiques, communiqués de presse, recueil de témoignages… Le message est clair : les jeunes appellent à la suppression de cette circulaire.
Une première manifestation a eu lieu le 13 octobre devant la place de la Sorbonne à Paris ; on assistait alors au geste symbolique d’étudiants en colère, jetant leurs diplômes à la poubelle. Parmi les grandes écoles et universités citées au porte-voix : Paris Dauphine, ESSEC, Paris Sud, ENSIIE, UPMC, ESCP, ISC Paris, HEC, Arts et Métiers, ESSA, l’Université de Versailles, Paris 2, Polytechnique, la Sorbonne, etc…
(lien) Vidéo “La colère des étudiants étrangers” via TF1
(lien) Vidéo personnelle de la manifestation, par Nesrine Aissaoui via facebook
Un mois plus tard, le collectif organisait une seconde manifestation, plus conséquente cette fois, devant le Ministère du Travail, le 12 novembre, avec le soutien de la CGT, de l’UNEF, de la Confédération étudiante, de la Conférence des présidents d’université (CPU) et de la Conférence des grandes écoles (CGE).
Voici une compilation des slogans entonnés lors des marches ou lus sur les pancartes des manifestants :
« Étudiants étrangers indésirables : diplômés, recrutés, expulsés. »
« Non à la mort de la mobilité internationale, oui à l’ouverture et au rayonnement de la France »
« Doctorat Paris, humiliés à la préfecture de Nanterre. »
« Master 2 Sorbonne, traînée dans la boue pendant 10 mois. »
« Sciences Eco Paris XVIII, bientôt expulsée »
« Ingénieur en informatique, clandestine. »
« Students of the world, Do not come to France. »
Face à cette levée de bouclier, Claude Guéant défend son projet :
« Je dis que dans un pays, où il y a 2,750 millions de demandeurs d’emploi, où il y a chaque année 11 000 personnes de plus qui arrivent sur le marché du travail, il faut d’abord s’efforcer de répondre à la demande d’emploi qui se manifeste dans notre pays. »
Hors, si les partisans de la circulaire brandissent l’argument ballant de la compétition « déloyale », Laurent Wauquiez, qui, après avoir retourné plusieurs fois sa veste dans les médias, confiait au Monde, un mois plus tôt, que la France formait 30 000 diplômés dans le domaine précis des ingénieurs, largement touchés par cette circulaire, alors qu’elle en avait besoin de 40 000. Est-il juste d’évoquer l’existence d’une compétition entre français et immigrés, quand les entreprises recrutent, à raison, les meilleurs
candidats qui leur sont proposés ? CampusFrance, abonde dans ce sens grâce à ces chiffres probants
« En 2010-2011, la France a accueilli plus de 280 000 étudiants étrangers (en comptant les étudiants européens). Ils représentent 12% du total des étudiants et 41% des doctorants. »
Pourtant, il n’est pas question d’user de démagogie dans un débat sur fond d’immigration ; les hautes études ne sont pas, et n’ont jamais été, le terrain de discriminations positives. Le Monde nous rappelle qu’il n’y a d’ailleurs jamais eu de facilités accordées aux étrangers, dans l’éducation supérieure française, jugez plutôt :
« À HEC, le coût par an pour les étrangers est fixé à 17 500 euros, contre 11 900 euros pour les Français ».
On retrouve la même intransigeance dans le système des bourses, qui ne sont attribuées qu’aux meilleurs éléments et récompensent donc l’investissement et le travail.
Somme toute, pourquoi le gouvernement s’échine à vouloir se séparer de cette élite
étrangère ? Élément de réponse dans les colonnes de France Soir, qui image la situation à travers les mots de Sammi, ancien étudiant d’ESCP Europe (Paris)
« Je suis embauché depuis 7 mois par un grand cabinet, Ernst & Young, et cela fait 5 mois que la préfecture me fait attendre de récépissé en récépissé. Chaque fois que j’y retourne, ils me disent que je remplis tous les critères, mais que pour le moment ils doivent respecter la “politique du chiffre” et ne savent pas quel motif m’opposer. »
Politique du chiffre. Les mots sont parfaitement choisis et en disent long sur les contours de cette circulaire, dont la création est avant tout une action politique. L’éditorial du 16 novembre du Monde précise les intentions ministérielles :
« Claude Guéant est un homme méthodique et déterminé. En avril, le ministre de l’Intérieur a annoncé son intention de faire baisser de 10 % (20 000 sur 200 000) le nombre d’immigrés entrant légalement en France chaque année. »
Le même journal précise ensuite sa pensée avec l’intervention d’Alexandre George, directeur du cabinet Migration Conseil, spécialisé dans l’aide aux entreprises pour le recrutement :
« Un certain nombre de “filières” d’immigration clandestine utilisent effectivement les visas étudiants pour faire venir de la main-d’oeuvre bon marché. Mais, à côté d’eux, il y a tous les diplômés hautement qualifiés et tous ceux qui ont simplement eu des aléas dans leur parcours. Or ces étudiants-là sont les “victimes collatérales” de la circulaire du 31 mai. Un texte qui vise en réalité principalement à permettre au gouvernement, entre janvier et mars - période traditionnelle de publication des chiffres de l’immigration - et en pleine campagne présidentielle, d’afficher, comme il s’y était engagé, une baisse de l‘“immigration légale” ».
Si cette circulaire affiche des prétentions nationales, elle en oublie ses exigences mondiales, les journalistes de RFI n’oublient pas de le rappeler avec l’appui du sénateur socialiste Jean-Yves Leconte, au sujet de l’intérêt de la France pour les classements internationaux, en contradiction avec la politique d’expulsion des étudiants étrangers :
« On pense ce qu’on veut du classement de Shanghai, mais ce qu’on fait avec cette circulaire, c’est une atteinte directe au classement de nos universités et grandes écoles ».
Le Point conclue l’affaire :
« Aujourd’hui, le ministère propose aux universités et grandes écoles de revoir les dossiers des étudiants au cas par cas. Sur près de 500 dossiers d’étudiants étrangers, 75 ont été revus positivement, d’après le collectif. Un traitement “purement technique”, qui ne satisfait pas les détracteurs du texte. »
Mercredi dernier, le collectif du 31 mai a déposé un recours auprès du Conseil d’État pour demander l’annulation du texte. Par la suite, les représentants des établissements
d’enseignement supérieur, devraient être entendus au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche dans les prochains jours. Sous la pression des associations étudiantes, des syndicats ralliés à la cause, des entreprises freinées dans leur recrutement et des grandes écoles, les politiques ont tout intérêt à envisager une révision, voire une suppression de la très controversée « circulaire du 31 mai. »
Cours Premium a sélectionné trois témoignages d’étudiants étrangers, concernés de près par ce texte opportun qui a sérieusement compromis leur situation et entaché l’image de la France.
• Ismail, 25 ans, né au Maroc, suit son cursus de Gestion des entreprises et Finances à
Toulouse, a obtenu un emploi à la Société générale (interview audio) – France Info
• Victoria, 24 ans, née en Israël, diplômée d’Architecture à Paris (presse écrite) - Myeurop.info > Lire l’interview <
• Hisa, né au Japon, étudiant à Paris (webcam) - Facebook> Voir la vidéo <
Liens :
Jeudi noir pour l’éducation, le 13 octobre s’est inscrit dans la mémoire des 3000 élèves et des 280 professeurs du lycée Jean Moulin à Béziers, dans l’Hérault. La deuxième cité scolaire du Languedoc-Roussillon a en effet accueilli un évènement dramatique : le suicide « public » d’une enseignante de la filière générale.
Brûlée au troisième degré après s’être immolée dans la cour de l’établissement dans lequel elle enseignait depuis dix ans, Lise, professeur de mathématique alors âgée de 44 ans, a succombé à ses blessures lors de son hospitalisation au CHU de Montpellier.
Malgré les allégations de la presse concernant l’état psychologique de l’enseignante -dévoilant par la même, ses antécédents médicaux et égratignant un peu plus l’intimité des proches de la défunte-, les voix s’élèvent et n’hésitent pas à pointer du doigt, un système jugé défaillant, en tirant à boulets rouges sur ce qui semblerait être le coupable tout désigné : l’éducation nationale.
Cours Premium revient sur les derniers échos relayés par les médias français.
Europe 1 ouvre la marche en nous livrant les propos du ministre de l’Éducation Nationale ; Luc Chatel précise que la victime « bénéficiait d’un accompagnement pédagogique et médical », sans toutefois faire le rapprochement avec le cadre professionnel de l’enseignante. Le procureur de la République de Béziers, Patrick Mathé, crève l’abcès en dispensant ses paroles de détours, toujours par l’intermédiaire d’Europe 1 : « C’est l’acte de quelqu’un de désespéré », affirmant que cette « tentative de suicide est en lien est avec l’activité professionnelle ». Le ton est donné.
Le témoignage d’un anonyme, recueilli par Metro France, abonde dans le sens du précédent intervenant. « L’acte qu’elle a commis, l’heure, l’endroit et la façon qu’elle a choisi pour le faire, sont des marques très fortes qui nous interpellent et qui nous font prendre conscience que la population enseignante est fragilisée ». Il poursuit, en accusant « une politique gouvernementale qui vise à supprimer des postes, surcharger des classes ».
Si les médias s’accordent à dire que l’enseignante était une personnalité « sévère » aux méthodes contestées, sur la Dépêche, on préfère prôner ses valeurs, en en finissant avec ce curieux réflexe de vêtir systématiquement la suicidée de la parfaite panoplie de la victime névrosée. « Lise était une prof connue pour son goût de la rigueur et de la discipline. »
Toujours dans le même quotidien régional, on tord le cou à un tout autre problème : « La cité scolaire, qui est dans une zone parfois sensible, rencontre des problèmes liés à sa taille, à la population très variée. On a eu par le passé quelques soucis et on vit ce que vivent tous les établissements : effectifs en baisse, manque de personnels, etc. ».
Dans la foulée, 20 minutes ébranle à nouveau le monde politique à travers les mots d’un anonyme « Au cours des années, on a vu le métier évoluer, le public changer, les réformes arriver, des réformes nécessaires mais bien souvent menées à l’emporte-pièce, sans discernement, dans l’urgence, et à un moment donné il peut arriver ce genre de geste ».
Enfin, Le Parisien met en lumière les actes concrets qui ont suivi de près cet événement, à savoir, les réclamations du Snes (syndicat national des enseignements du second degré). Ces derniers exigeraient un débat autour du métier d’enseignant, souhaitant harponner le ministre de l’Éducation sur le projet valable « d’une véritable médecine du travail dans l’Education nationale et l’amélioration des conditions générales de travail des enseignants, dont la pénibilité s’est considérablement accrue ces dernières années ».
S’il a fallu attendre l’orchestration d’un spectacle macabre pour relancer le débat autour des conditions d’enseignement, gageons que les politiques ne guettent le déluge pour prendre les mesures nécessaires.
Nous vous invitons à lire le communiqué du proviseur du lycée Jean Moulin au sujet du décès de l’enseignante.
En la mémoire de la défunte, une marche blanche se tiendra à 14 heures dans la ville de Béziers, précédée par une assemblée générale.
Nos sincères condoléances.
En proie à de violentes inondations depuis quelques semaines, le Cambodge connaît un nouveau frein à son expansion. Fort d’une culture fastueuse mais traînant une faible croissance économique, ce pays pauvre du Sud-Est asiatique, tend à s’ouvrir au monde. En effet, la part belle est faite à l’apprentissage de l’anglais qui court jusque dans les provinces les plus reculées du pays.
Si les ruraux s’en tiennent exclusivement au khmer (excepté quelques rares francophones), leurs enfants assureront sans nul doute l’avenir du pays en affichant un niveau d’anglais élevé malgré l’éloignement des grandes villes et en dépit de la faiblesse des infrastructures. Preuve en est de la volonté forte des cambodgiens de s’aligner sur ses voisins asiatiques en matière d’éducation.
Malgré cette ferveur, les cambodgiens subissent une catastrophe climatique qui gèle aujourd’hui leur développement. À ce sujet, les médias français ont laissé quelques lignes à leur attention, se contentant parfois d’alimenter un compteur morbide ou de dépêcher des photos du drame. Ainsi, Cours Premium se permet de faire le point sur la situation actuelle du Cambodge à travers diverses correspondances.
(PS : Ce billet sera régulièrement actualisé au fil des évènements).
De puissantes inondations au Cambodge ; le calvaire de Ky
Du 3 Octobre au 8 Octobre, une jeune fille de 14 ans issue de la province de Kampong Thom a survécu dans une zone inondée sur plus de 15 km. Un villageois l’a retrouvée inanimée puis l’a déposée dans une clinique de premier soin. Quand elle arriva dans l’établissement, l’enfant avait perdu connaissance. Son corps inanimé était plein d’écorchures. Pendant 6 jours, ses petites mains se sont agrippées à un arbre sortant de l’eau. Son corps entier était rempli d’eau, son estomac plein de feuilles mortes. Après un nettoyage gastrique, le docteur a alimenté Ky la miraculé, à travers un tube relié à l’estomac.
L’étendue du désastre est colossale :
- Dix mille hectares de rizières détruites.
- De nombreux animaux morts.
- 206 personnes disparues.
- Destruction de nombreuses infrastructures, écoles et routes.
Quelques chiffres :
- 17 villes détruites.
- 113 districts.
- 650 communes.
- Plus d’un million de personnes sans toit.
- 180000 maisons détruites.
- 60000 familles sauvées.
- 40000 familles déplacées.
- 10000 familles saines et sauves.
L’essentiel de l’aide est assurée par le peuple japonais. Le gouvernement nippon a remis 33 millions de dollars au gouvernement cambodgien, par l’intermédiaire de l’organisation JICA pour aider les familles, victimes des inondations meurtrières.Savongz & Lyna Tan – Phnom Penh
Communiqué de presse – Paris, le 1er Août 2011
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